De l’usage des indicateurs sylvo-cynégétiques : un exemple en Picardie


François CLAUCE, Centre régional de la propriété forestière du Nord-Pas-de-Calais et Picardie

En Picardie, comme ailleurs en France, nous connaissons une évolution à risque de deux indicateurs majeurs : les attributions de chevreuil et grand cervidés ne cessent d’augmenter, reflet de populations elles-mêmes en hausse, et le capital de bois sur pied augmente lui aussi régulièrement, entrainant une diminution des capacités d’accueil des forêts.
Ces deux évolutions ont des conséquences négatives et crispent les relations entre forestiers et chasseurs : localement les chevreuils compromettent sérieusement les régénérations, l’aire de répartition du Cerf ne cesse de s’étendre et les noyaux de population connaissent des dégâts d’abroutissement et d’écorçage dépassant parfois l’insupportable.
Pour tenter de trouver des solutions aux problèmes des forestiers et entretenir l’indispensable dialogue entre forestiers et chasseurs, l’usage des indicateurs sylvo-cynégétique a permis en plusieurs étapes ,d’établir des objectifs de prélèvement par unité de gestion cynégétique :
  • Mise en place d’un observatoire régional regroupant forestiers, chasseurs et administration pendant quatre ans : partage des méthodes d’évaluation des interactions entre grand gibier et écosystème forestier, observation de cas concrets sur le terrain, instauration d’une relation de confiance entre les acteurs, production d’un document partagé sur les indicateurs ;
  • Développement ou valorisation d’outils et d’indicateurs des relations forêt-gibier : tableau de bord des données sylvo-cynégétiques, suivi des Indices de Consommation (IC) existant en forêt domaniale et mise en place de nouveaux IC en forêt privée, mise en place et suivi de dispositifs enclos/exclos ;
  • Instauration d’un groupe de travail technique dans l’Oise chargé d’analyser secteurs par secteurs les indicateurs disponibles et de proposer un objectif de prélèvement aux 100 hectares par espèce chassable, en situation supposé d’équilibre, ainsi que les mesures à court et moyen termes permettant d’atteindre cet objectif.
Toutes ces démarches restent toutefois guidées par l’idée française qu’il faut s’accrocher à des quotas …