Les ICE – un outil de décision pour les CDCFS


Gérard Bedarida, Président de l’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier

Les Commissions Départementales de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS) sont confrontées à l’impossibilité d’évaluer tant le niveau des populations de grand gibier que le niveau d’équilibre optimal.
Faute de chiffres, les membres des CDCFS, ont parfois tendance à se focaliser sur l’enjeu financier le plus apparent : les dégâts agricoles. Malheureusement, la variation annuelle des dégâts agricoles est affectée de multiples facteurs climatiques, agricoles, biologiques ou financiers.
En analysant les variations d’abondance, de performance des animaux ou d’impact sur le milieu, les ICE permettent d’apprécier de manière concordante les variations des populations de grands herbivores.
Un constat cohérent et partagé facilitant la prise de décisions
Cette cohérence entre les trois types d’indices contribue à la fiabilité des constats. Elle favorise une vision partagée par les différents membres de la CDCFS.
Appliqués à l’échelle des massifs, les ICE permettent d’identifier des dynamiques différentes à l’intérieur du département et améliorent la pertinence des décisions.
Un handicap : la réactivité pluri-annuelle
Les ICE évoluent sur des pas de temps pluriannuels. L’interprétation annuelle peut être perturbée par des évolutions conjoncturelles non significatives.
Une mauvaise tentation : ralentir les cycles de décisions faute d’indicateurs annuels
Ceci ne doit pas conduire à ralentir le cycle des questionnements une fois tous les trois ans. Bien au contraire, un examen annuel favorise indéniablement une meilleure réactivité.
Les CDCFS ont à composer entre 2 contraintes temporelles contradictoires :
• Réagir au plus vite pour résorber les amorces de déséquilibres (plus on attend, plus la situation est difficile à redresser).
• Appliquer des décisions cohérentes dans le temps car les infléchissements de plans de chasse ne portent leurs fruits qu’à une échelle pluriannuelle, fonction du niveau de déséquilibre et de la vigueur de la réaction.
Des pistes pour faciliter des prises de décision efficaces
Identifier les facteurs conjoncturels majeurs qui affectent les résultats d’ICE et pondérer les évolutions parfois contradictoires :
• Niveau de fructification forestière (indices nocturnes, ICE)
• Conditions météo générales en sortie d’hiver (reprise de végétation, fonte des neiges).
• L’évaluation par les scientifiques du poids des facteurs conjoncturels sur les ICE faciliterait l’interprétation annuelle.
Confronter les résultats d’ICE avec l’évolution d’autres indicateurs plus réactifs.
• Le taux de réalisation du plan de chasse est bien plus un indicateur qu’un objectif.
• Sa variation d’une année à l’autre caractérise l’évolution de la rareté/abondance du gibier.
• Cette variation est bien moins sensible aux biais humains que le niveau brut du taux qui reste sujet à caution.
Pour des membres de CDCFS peu familiers avec la gestion cynégétique, la lecture des ICE n’est pas chose facile. Les gens restent parfois fixés sur cette question impossible : combien d’animaux ?
Une présentation structurée de l’ensemble de ces résultats (ICE, conjoncture, autres indicateurs) en CDCFS facilite notablement la lecture des ICE. Une telle démarche favorise le partage des constats et des décisions.