La mise en place du plan de chasse vue de l’administration


Pascal NORMANT, Direction départementale des territoires du Maine et Loire

Concomitamment à la progression démographique et géographique des populations d’ongulés, les commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS) instruisent un nombre toujours croissant de plans de chasse. Sur quelles bases les établir et les examiner en vue de respecter les équilibres en jeu (biologiques, économiques) ?
La logique « historique » d’établissement des plans de chasse repose sur l’estimation d’un niveau de population, un taux d’accroissement moyen, sans véritablement poser la question du niveau de population souhaité.
Force est de constater les limites rencontrées pour connaître les niveaux de populations, la variabilité inter-annuelle des accroissements, largement influencés par le niveau des populations notamment et la difficulté à harmoniser l’acceptabilité des niveaux de dégâts.
Les moyens humains des différentes structures n’augmentant pas, il faut gérer les populations globalement, et non sur les seuls secteurs sensibles. Il importe donc de i) dimensionner les investigations aux réponses attendues, ii) impliquer les gestionnaires locaux, et iii) valoriser les informations existantes, devant être fiables.
Une commission de plans de chasse doit pouvoir définir des logiques d’attribution, basées sur des éléments aussi objectifs que possible, à défaut d’être généralisés. De manière non-exhaustive, cela implique :
– admettre que les connaissances « empiriques » de terrain, aussi utiles et nombreuses soient-elles, ne peuvent suffire car pouvant être trompeuses, ou induire des choix de gestion trop tardifs ;
– connaître avec un maximum de précision les réalisations ;
– adopter une logique par unités de gestion (homogènes) plutôt que par territoires individuels : des informations représentatives et pertinentes permettent de définir des tendances d’évolution des attributions déclinées par demandes, en admettant devoir les modifier en fonction des constats qui seront réalisés ;
– que les gestionnaires privilégient, plutôt que l’approche des effectifs, les conséquences constatées de leur gestion sur l’évolution quantitative et qualitative des populations et leur impact ;
– admettre que la répartition des attributions puisse être influencée par les possibilités de réalisations qu’elles pré-supposent (cas du cerf) ;
– mettre en place des suivis avant que les problèmes n’apparaissent (suivis plus légers qu’en situation devenue critique) ;
– considérer les résultats sur un pas de temps suffisant, en évitant les évolutions notoires d’attributions entre années consécutives ;
– être cohérent dans les attributions en découlant, malgré tout paramètre conjoncturel et/ou « politique » ;
Cette logique repose nécessairement sur des outils éprouvés, validés sur le plan scientifique, légers et par définition reproductibles, quitte à une mise en œuvre espacée dans le temps (1 fois/2 ans, regroupement de données sur plusieurs années, …) pertinente plutôt que des suivis annuels inadaptés.
Sans présager des méthodes et évolutions méthodologiques qui seront détaillées lors du colloque, quelques cas posent néanmoins question :
– chevreuil en milieu ouvert ou bocager ;
– sanglier d’une manière générale car, soumis à plan de chasse ou non, la CDCFS ne dispose le plus souvent que des réalisations déclarées, du nombre de dossiers de dégâts et leur montant global. Cela doit être amélioré sauf à potentiellement remettre en cause des équilibres financiers.