Introduction


François KLEIN, Office national de la chasse et de la faune sauvage

En réponse à l’imprécision des méthodes des gestion des populations d’ongulés sauvages reposant sur
une hypothétique connaissance des effectifs, les équipes françaises de recherche sur la faune
sauvage ont, dès les années 90, travaillé à l’application du concept de gestion adaptative basée
sur le suivi d’indicateurs. Le colloque, intitulé « Suivi des populations de chevreuils » organisé
à Lyon en 1998, avait officialisé la notion d’indicateur de changement écologique – ICE et conduit
à faire un premier point de l’utilisation de ces outils par les gestionnaires du chevreuil.
En près de vingt années, les connaissances sur la dynamique de toutes les espèces d’ongulés ont
nettement progressé, les outils de suivi se sont enrichis et concernent aujourd’hui toutes espèces
à l’exception du sanglier, les plans d’échantillonnage sont simplifiés et les méthodes d’analyse
statistiques des résultats sont plus accessibles. Des expérimentations conduites avec les acteurs
des écosystèmes forestiers ont montré le bien-fondé de la gestion adaptative pour faire face à la
remarquable progression des ongulés sauvages dans notre pays. Les bases techniques sont désormais
posées pour réussir le transfert opérationnel.
De plus en plus de gestionnaires pratiquent les ICE avec enthousiasme et ont intégrés les résultats
enregistrés dans les décisions de gestion prises aux différentes échelles spatiales et temporelles.
Certains au contraire n’y trouvent pas la réponse à leurs préoccupations ou considèrent que les
suivis sont trop contraignants. D’autres enfin semblent ne pas voir l’intérêt de rationaliser les
débats.
Ce colloque a donc pour objectif de rassembler tous les partenaires pour échanger sur le concept de
la gestion adaptative, les indicateurs disponibles, leur mise en œuvre concrète, les résultats
obtenus, les problèmes rencontrés. S’appuyant largement sur des retours d’expériences concrètes, il
doit aider à la mise en place de solutions pratiques et efficaces pour rétablir et/ou maintenir
l’équilibre agro-sylvo-cynégétique au centre de préoccupations nationales et locales. Il permettra
aussi de clarifier les axes de recherche et d’expérimentation de demain.