La gestion des ongulés dans le massif des Bauges


Mathieu GAREL, Office national de la chasse et de la faune sauvage

Le massif des Bauges (~80 000 ha), situé à cheval sur les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie, fait partie intégrante du Parc Naturel Régional du même nom et abrite en son sein une Réserve National de Chasse et de Faune Sauvage. Cette réserve, territoire de référence pour l’étude du chamois, a contribué à la mise au point des indicateurs d’abondance (IPS) et de performance (masse corporelles de jeunes) pour l’espèce. Au début des années 2000, les études menées au sein de la RNCFS ont commencé à se généraliser à l’ensemble du massif avec la double vocation de développer l’utilisation des indicateurs de changement écologique à des échelles opérationnelles de gestion et de poursuivre le développement de nouveaux indicateurs.
            C’est à partir des 30 années de gestion du chamois au sein de la RNCFS et de sa proche périphérie que nous illustrons comment les ICE ont progressivement remplacé un suivi uniquement basé sur les comptages lourds afin de permettre une gestion plus fine de la population en adéquation avec sa situation démographique (population limitée par ses ressources). Cette rétrospective sera l’occasion de montrer la relation étroite développée sur un même territoire entre recherche et gestion.
            Nous reviendrons ensuite sur comment les ICE sont aujourd’hui proposés à l’échelle du massif pour les 3 autres ongulés présents (mouflon, chevreuil et cerf). Cette partie sera l’occasion de démontrer l’intérêt du transfert opérationnel de ces méthodes dans le cadre d’une gestion efficiente des populations.
            Nous terminerons notre exposé sur trois développements techniques mis en œuvre actuellement sur ce territoire. Le premier concerne le cerf et le chevreuil pour qui les indicateurs d’abondance et de pression sur la flore largement utilisés en plaine nécessitent encore certains ajustements aux contraintes spécifique des zones de montagne. Cela a motivé la mise en place d’une expérimentation par « distance sampling » dans le cadre de l’indice nocturne. Le second concerne le développement d’alternative à l’IPS, comme l’IPA, pour le suivi de l’abondance des populations de chamois en milieu fragmenté et le raffinement de ces approches pour permettre notamment de mieux intégrer la variance d’échantillonnage dans les indices calculés. Enfin, les récentes avancées sur la biologie comportementales des espèces suivies plaident aujourd’hui en faveur d’une meilleure intégration de la structuration spatiale des mesures collectées dans les décisions de gestion. Ce dernier volet est testé sur une partie du massif où les données recueillies dans le cadre des suivis par ICE ont permis d’engager les premières analyses.