Le concept Sylvafaune


Jean Michel SOUBIEUX, Office national de la chasse et de la faune sauvage

A travers la démarche baptisée Sylvafaune, l’ONCFS s’attache à expertiser les modalités de concertation permettant d’établir, à l’échelle d’un massif forestier et d’une population de cervidés, un état des lieux partagés, des objectifs compris de tous les acteurs et un plan d’action opérationnel. Cette démarche repose sur les principes de la gestion adaptative et l’utilisation des ICE.

Début 2015, des comités Sylvafaune étaient installés dans les Ardennes (massif de Vendresse), en Isère (massif de la Chartreuse), dans la Vienne (massif de Moulière), dans la Nièvre (massif des Bertranges), et en cours d’installation en Gironde (massif du Médoc) et dans la Sarthe (massif de Bercé). Les travaux engagés à ce jour permettent déjà d’en tirer de premiers enseignements :

  • Les indicateurs de changement écologique (ICE) sont des outils connus et largement utilisés. Toutefois leur mise en œuvre est souvent imparfaite (protocoles non respectés) ou incomplète (absence d’indicateurs dans l’un des 3 domaines), rendant les données qui en sont issues difficilement exploitables. Or ces outils, permettant de suivre dans le temps l’évolution du système forêt-cervidés, sont nécessaires pour la mise en place d’une gestion adaptative ;
  • Les enjeux sylvicoles sont souvent imparfaitement connus et compris des autres acteurs du territoire, rendant tout effort pour partager des objectifs très aléatoire ;
  • Des objectifs basés sur des données sylvicoles, notamment sur la notion de dégâts aux peuplements forestiers supportables peuvent être partagés entre forestiers et chasseurs ;
  • Un indicateur permettant de mesurer l’atteinte des objectifs de la gestion forestière en fonction de l’évolution du système forêt-cervidés, indicateur qui n’est pas validé à ce jour, est un outil nécessaire au bon fonctionnement de cette concertation entre forestiers et chasseurs ;
  • La cartographie des objectifs de gestion forestière, traduisant la vulnérabilité actuelle et à venir des peuplements forestiers, permet d’anticiper de futures situations conflictuelles, par la mise en place une gestion cynégétique adaptée aux évolutions forestières à venir.
  • Des travaux sont encore nécessaires au sein de cette démarche Sylvafaune pour mieux expertiser ces méthodes de concertation entre groupe d’acteurs aux intérêts parfois apparemment divergents. Les travaux s’orientent notamment vers la définition d’objectifs sylvicoles partagés avec les chasseurs, vers la mise en place d’outils permettant de mesurer l’atteinte de ces objectifs et vers la mise en place de plans d’actions permettant d’amener vers un équilibre sylvo-cynégétique préalablement défini et partagé.