L’équilibre forêt-gibier perçu par le sylviculteur


Patrice BONHOMME, Centre régional de la propriété forestière de Champagne-Ardennes

La présence de populations d’ongulés sauvages en forêt n’est pas une nouveauté. Alors pourquoi est-ce devenu aujourd’hui un sujet aussi sensible ? Deux raisons principales peuvent être évoquées.
La première est sociologique. Elle tient à la confrontation entre une exacerbation de la sensibilité des forestiers constatant la montée d’un déséquilibre, sans qu’ils en aient les moyens de contrôle et une action volontairement dynamique des chasseurs sur la gestion des populations de grands gibiers, sans qu’ils en aient mesuré préalablement l’impact.
La seconde est économique et met en rapport le rendement forestier avec une évolution -pour ne pas dire une dérive- financière tout à fait récente de la chasse.
On constate que la situation a évolué dans un laps de temps relativement court depuis les années 80. Ceci explique sans doute la brutalité avec laquelle les questions se sont posées et l’impréparation des réponses proposées. La notion écologique de gestion durable qui influence aujourd’hui toute action sur le milieu naturel permet de mieux cadrer la façon de répondre à l’intérêt de concilier en forêt la présence d’une grande faune riche et diversifiée avec la nécessité d’une production forestière abondante et de qualité.
La mise en place d’outils d’évaluation basés sur des critères objectifs et partagés doit permettre de répondre de façon pragmatique à la question de l’équilibre forêt-gibier pour en dégager une perception réaliste.