L’observatoire cerf sur le massif jurassien


Jérôme BOMBOIS, Fédération départementale des chasseurs du Jura

Initié dans le cadre de la coopération transfrontalière européenne, cet observatoire franco-suisse est en place depuis 2005. Il fédère 14 partenaires : forestiers, chasseurs, DDT, ONCFS, PNR, cantons suisses…. Le massif jurassien, considéré de moyenne montagne, est en phase de colonisation par le cerf élaphe. La forêt est bien présente avec environs 450 000 ha (taux de boisement 44%), principalement gérée en futaie jardinée. Pour la filière bois, les enjeux de production sont importants, mais également en termes de revenus pour les communes et les propriétaires privés. Les enjeux écologiques sont également importants (présence d’espèces rares et menacées). Un des objectifs cadre de l’observatoire est de suivre et maîtriser les populations de cerfs présentes sur le massif jurassien, dans le but de garantir la présence de l’espèce tout en permettant une régénération forestière suffisante. Pour aider à la détermination de la gestion des populations, des indicateurs de changement écologique (ICE) communs à l’ensemble des partenaires ont été choisis. Ils ont été développés en concertation, avec une coordination franco-suisse et permettent de suivre 7 populations. On retrouve des indicateurs de performance, d’abondance, et d’impact sur le milieu : l’indice nocturne, le poids des faons, la longueur des dagues et l’indice de consommation.

Et en complément à ces ICE, est également étudié : le suivi du plan de chasse, de la mortalité extra cynégétique, le suivi des indices de présence en dehors des noyaux de populations installées et le suivi du renouvellement forestier des essences de production (semis, fourrés et perches pour la futaie irrégulière).

Toutes les données recueillies sont compilées à l’échelle biologique des populations, puis analysées et synthétisées dans un document annuel. Ce document est édité fin avril, puis adressé à chaque partenaire. Il est présenté lors des groupes de travail plan de chasse. Certaines populations sont transfrontalières et interdépartementales, elles nécessitent au préalable une concertation entre les pays et départements pour évaluer la situation globale et ainsi adapter les mesures de gestion. C’est le cas pour la population de cerfs « Dôle-Gex-Versoix », pour laquelle un groupe de travail spécifique a été créé. L’objectif est de rédiger un plan de gestion commun, en intégrant les différents résultats de suivi, et qui servirait aux différents entités administratives.