L’observatoire « sanglier et fructifications »


Christine SAINT-ANDRIEUX, Office national de la chasse et de la faune sauvage

Contrairement à ce qui se passe chez d’autres ongulés, aucun ICE n’existe pour aider à la gestion du sanglier: A ce jour, l’analyse des dégâts agricoles et l’évolution du tableau de chasse restent les bases principales de réflexion.
Les acquis sur la démographie du sanglier montrent le rôle déterminant du potentiel reproducteur des femelles, lui-même dépendant en partie de la production de certains fruits des essences forestières feuillues, qui peut être extrêmement variable d’une année à l’autre.
Pouvoir relier le niveau des fructifications forestières (des glandées en particulier) avec le niveau de recrutement des populations de sanglier permettrait d’anticiper les mesures de gestion à prendre pour maîtriser les populations de sanglier (réactivité dès le début de la saison de chasse).
L’objectif de cet observatoire est de rassembler un réseau de territoires représentatifs de la diversité nationale. Il s’agira, pour un même territoire, d’estimer le niveau de fructification forestière par des méthodes légères, et de mesurer l’état reproductif des laies de tous âges sur toute la période de chasse.
Pour candidater à l’entrée dans l’observatoire sanglier, un territoire doit rassemble plusieurs conditions : 1) la motivation des chasseurs, volontaires à s’investir sur une durée minimale de  5 ans. 2) une représentation suffisante des feuillus dans les peuplements forestiers du territoire considéré (chênes sessile et pédonculé, chêne vert, chêne pubescent, hêtre et châtaignier). 3) un minimum de 30 laies de plus de 25 kg tirées sur toute la saison de chasse,  analysées précisément (détermination de la classe d’âge, pesée effective et analyse du tractus génital).
Pour le suivi des fructifications forestières la méthode utilisée repose sur une estimation indiciaire de la fructification d’arbres choisis sur des transects voiture et/ou pédestre bien répartis sur les zones présentant les essences concernées. Le protocole devra être appliqué avant le début de la chute des fruits forestiers et confirmé par un relevé après la chute des fruits. Cet outil de pronostic qui en l’état actuel des connaissances, restera « grossier » et de type « recrutement Faible/Moyen/Fort » devrait être affiné grâce aux résultats d’autres projets d’études en cours sur la régénération du chêne. Ces relevés seront aussi l’occasion de documenter les connaissances sur la gestation du sanglier dans une diversité d’environnement et de climat et d’alimenter les modèles démographiques récemment élaborés pour améliorer la gestion de l’espèce.