Management du savoir-gérer le cerf élaphe dans les Côtes d’Armor


Cyril LE BELLEGO, Fédération départementale des chasseurs des Côtes -d’Armor

Le département des Côtes d’Armor comprend 615 000 habitants dont 11 200 chasseurs (soit 1,8 % de la population). Il fait une surface de 688 000 hectares avec 70 % de terres agricoles et 12 % de bois. Agriculture et Industrie Agro-Alimentaire génèrent annuellement 776 millions d’euros d’exportation pour 14 % des emplois.
Institutions et partenaires agricoles et forestiers se sont entendus pour devenir experts en matière de conduite de management de la gestion du cerf des Côtes d’Armor. Pour ce faire, ils se sont appropriés lors d’un voyage d’étude en 2009 les différents protocoles mis en œuvre dans les Ardennes belges (massif du Saint-Hubert) et françaises (Bel-Val) ainsi qu’à la Petite Pierre dans les Vosges.
Avec une population départementale de cerf comprise entre 700 et 1000 individus avant naissances, les membres de la Commission Départementale et de la Chasse Faune Sauvage ont conceptualisé un projet qui avait pour objectifs de mesurer l’impact de la chasse sur la démographie des dix populations de cerf, d’adapter les densités de populations aux différents contextes agriforestiers et d’affiner les critères d’attribution pour une gestion durable et équilibrée de l’espèce.
Dès 2009/2010, une carte « T » de déclaration des prélèvements de cerfs à renvoyer à la fédération dans les 72 heures suivant le prélèvement et un retour obligatoire sous 8 jours des mandibules inférieures des animaux prélevés à la chasse sont institués. Des réunions de restitution de comptage sont organisées la première quinzaine d’avril sur les unités de population à enjeux en vue de proposer un plan de chasse global et argumenter en commission départementale les consensus convenus par les bénéficiaires de plans de chasse. Un tableau de bord évaluant le respect de l’application des différents indicateurs de suivis de l’espèce par les détenteurs de droit de chasse, les analyses pluriannuelles du rétro-calcul des cohortes et des différents suivis pratiqués appuient cette argumentation.
Qu’on se le dise, la chasse durable passe par le recours à des sciences et techniques diverses. La signature le 11 mai 2011 d’un protocole d’accord de gestion et de suivi de l’espèce cerf dans les Côtes d’Armor, entre DDTM, ONCFS, ONF, CRPF, Conseil Général, Chambre d’Agriculture, ADCGG et FDC, entérine cette volonté de bien faire, qui dépassionne d’ailleurs les conflits par un meilleur partage du savoir et des connaissances !