Utiliser l’effort de chasse pour gérer le sanglier en Ardèche


Fabrice GIRARD, Fédération départementale des chasseurs de l’Ardèche

Dans son schéma départemental de gestion cynégétique, la FDC 07 indique que la gestion du sanglier doit s’appuyer sur l’utilisation d’outils permettant une concertation avec les partenaires. Ainsi, différents indicateurs de gestion du sanglier ont pu être élaborés dans ce département, et les gestionnaires ardéchois souhaitaient les évaluer de manière scientifique. En effet, une gestion raisonnée nécessite la réponse de nombreuses questions parmi lesquelles, comment contrôler la pression de chasse pour atteindre les objectifs de gestion fixés ? Pour répondre à ces attentes, un travail engagé en collaboration avec l’ONCFS avait pour objectif d’identifier quels indicateurs étaient les plus pertinents pour modéliser le processus de chasse du sanglier, en calibrant un modèle statistique sur les données collectés par la FDC, et notamment les carnets de battue. En s’inspirant des concepts utilisés en halieutique, nous avons pu définir pour notre contexte cynégétique les notions d’effort de chasse et de pression de chasse. Ces concepts ont ensuite été formalisés à l’aide de modèles décrivant au mieux l’action de chasse du sanglier en Ardèche. Fondamentalement, ces modèles mettent en relation différentes mesures de l’effort de chasse pour une période et une zone données, la pression de chasse mesurée comme probabilité de prélèvement de sangliers (toujours pour une période et une zone données), l’évolution de l’effectif des sangliers en début, milieu et fin de saison, et le tableau de chasse tenu tout au long de la saison. Une comparaison des modèles développés a permis de mettre en lumière la pertinence de l’indicateur : « nombre de journées-chasseurs » comme mesure de l’effort de chasse dans le département de l’Ardèche. L’ajustement de ces modèles sur les données ardéchoises a également permis d’estimer la « capturabilité » des animaux dans différents contextes de chasse (e.g. chêne vert, fortes pentes, etc.).. Par ailleurs, le modèle ajusté a permis le développement de plusieurs procédures mathématiques permettant de mieux prévoir et prédire les efforts à mettre en œuvre pour la gestion du sanglier. 
Bien que ce premier travail  nous ait permis d’avancer dans de nombreux domaines, il reste perfectible, notamment en renforçant les processus de modélisation par l’apport d’informations encore manquantes identifiées lors de cette première étape.